Descartes pour les nuls
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René Descartes pour les Nuls

Il est d’abord très important de faire un rapide tour du contexte dans lequel se trouvait Descartes: à l’époque, les sciences (réunies sous le vocable « philosophie », eh oui) les sciences donc, multipliaient les découvertes de façon impressionnante.

Cependant, l’Église catholique n’avait pas perdu son immense autorité, ni sa terrible et impitoyable fermeture vis-à-vis tout ce qui lui semblait, de près ou de loin, contraire aux enseignements de la Bible (ou disons plutôt à la doctrine catholique).

Descartes était donc dans une situation bien difficile: il avait eu cette idée que le problème de la connaissance était que tous les éléments étaient diffus (biologie, physique, chimie, mathématiques, etc). Or il avait remarqué que si les sciences étaient divisées en disciplines diverses, toutes avaient un point en commun: elles partaient d’une évidence, de quelque chose d’indéniable. Par exemple, il ne fait aucun doute en mathématiques que 1=1. Cette équation bizarre est l’évidence sur laquelle se base toute la science mathématique.

Donc, si on trouvait l’Évidence la plus clairement indéniable, peut-être pourrions-nous découvrir LE principe PREMIER à partir duquel nous pourrions fonder une espèce de super-science qui chapeauterait toutes les autres, une science parfaite! LA Science! Parce que, c’est certain, s’il y a plusieurs sciences, c’est que chacune d’elles ne comprend qu’une partie de ce qui est, de ce qui existe. La vraie science devrait comprendre L’ENSEMBLE de la réalité, pas seulement l’une ou l’autre partie… C’est là le but de Descartes. Fonder ou découvrir la méthode de laquelle nous pourrions comprendre la réalité à partir d’une seule science parfaite.

Donc, récapitulons:

1- On a un gars qui s’appelle René Descartes. Lui son plaisir c’est de faire avancer la connaissance.

2- D’un côté ça tombe bien, il vit dans une époque pendant laquelle on fait plein de découvertes.

3- D’un autre côté ça tombe mal, parce qu’il vit dans une époque pendant laquelle l’Église catholique a un pouvoir dont elle abuse.

4- Descartes découvre que toutes les connaissances partent d’une évidence. Il en déduit que la connaissance parfaite doit donc partir d’une évidence tellement évidente que ça doit en être marrant.

Bon. Alors là Descartes est dans l’eau chaude, et il va pousser le bouchon pas mal loin, comme on dit. Il se dit: Pour que je trouve cette évidence, il faut que je doute de tout jusqu’à ce que j’obtienne quelque chose dont je ne puisse plus douter (c’est ce qu’on appelle « le doute méthodique » de Descartes).

Descartes continue: Je vais même douter que je suis ici, dans cette chambre, dans ces vêtements, assis dans ce fauteuil. Je vais en douter, parce que ça pourrait être un rêve ou une illusion. Il faut même que j’émette l’hypothèse que ce que je crois vivre ici n’est que la volonté d’un être malfaisant qui se joue de moi (un peu comme dans le film « La Matrice », mais Descartes n’avait pas vu ce film. Par contre l’auteur de La Matrice a dû étudier Descartes).

Ici il faut imaginer que l’Église catholique a commencé à capoter en lisant ça. Descartes est dans l’eau chaude! J’y reviendrai.

Somme toute, Descartes va jusqu’à douter de l’existence de ce Dieu infiniment bon et infiniment puissant. Ouille, ça commence à sentir le bûcher pour lui.

Donc, se dit-il, qu’est-ce qui me reste? De quoi m’est-il impossible, vraiment impossible de douter? J’ai une réponse: je ne puis pas douter que je doute! Même si je doute que je doute je doute quand même! Et même si je doute que je doute que je doute, je doute encore!

Ha ben flûte j’ai trouvé: Je doute. Donc je pense, c’est sûr. Si je pense, alors je suis bien obligé d’admettre que j’existe!

Première grande Évidence initiale: Je pense, donc je suis. (« Cogito ergo sum » en latin, même si on n’en a rien à blairer du latin. Quand on parle du « Cogito » de Descartes, c’est de ça qu’on parle).

Haaa, on a quelque chose. Deux en fait:

1- L’Évidence première.
2- La merde parce que Descartes va se faire trucider par les autorités catholiques.

Ça nous mène à la dernière partie de mon exposé. Très importante pour la survie de notre ami René.

Pour sauver sa peau, Descartes devait bien vite prouver que l’existence de Dieu était une évidence. Cela a donné naissance à ce qu’on appelle la « preuve ontologique » de l’existence de Dieu, très appréciée encore aujourd’hui par plusieurs dénominations chrétiennes.

Cette preuve, la voici en quelques mots: Tout ce que je puis imaginer existe matériellement autour de moi. Même si j’essaie d’imaginer quelque chose de purement fantastique ou même impossible, je fais toujours, toujours référence à des choses qui existent. Par exemple, je puis imaginer un dragon à trois têtes de loup avec six paires d’ailes de chauve-souris et deux pattes velues et griffues à douze doigts chacune, toutes les choses que j’ai mises ensemble pour donner cet être impossible sont des choses qu’on a vu de nos yuex: on sait à quoi ressemble une aile de chauve-souris, une tête de loup, des doigts avec des griffes.

Une seule chose, une seule et unique, est connue de nous sans qu’on l’ait jamais observée: c’est la perfection. Ce que dit Descartes, c’est que si on a l’idée de perfection en tête, il faut que ça vienne de quelque chose de parfait. On n’a qu’à observer comment on imagine les choses: à partir de choses qui existent. Donc la perfection existe même si on ne la voit pas, et une seule chose peut être parfaite: c’est Dieu.

Pense ce que tu veux de cet argument, personnellement il me déplaît, conçu par un mec qui voulait sauver sa peau (il a réussi le bougre, même si son livre a été drôlement traité) et somme toute réductiviste. Mais c’est un avis personnel.

Je pense avoir résumé en langage contemporain et relativement simple le début du Discours de Descartes.

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