Ma résidence (suite)
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Donc, l’architecture. Question de rigoler un peu.

Le village de Radisson, la plus nordique communauté francophone au monde, est passé de 3500 à 240 habitants environ ces dernières années. Le village était destiné à disparaître avec la fin des grands chantiers, mais il survit du fait que des services y sont toujours nécessaires : tenue des routes, transport (sur les routes) aéroport (au-dessus des routes), courrier, pétrole, etc. Tout ça pivote autour d’Hydro-Québec évidemment, et de l’équipe en place.

Mais aussi en rapport avec les communautés des Premières Nations, notamment les Cris et les Inuit. Malheureusement, il y a un flot d’alcool qui sort de Radisson, car les Indiens boivent. Beaucoup. Et les Conseils de Bandes interdisent l’alcool. Donc, on vient boire ici, ou acheter de l’alcool. Vraiment beaucoup. Le plus pathétique, c’est de voir des Inuits du Grand Nord, qui prennent l’avion pour venir ici, boivent tant qu’ils le peuvent pendant un jour ou deux, se battent, etc, puis retournent chez eux en avion… Le prix du voyage, avion, hôtel pour une ou deux nuits, le coût de la boisson, ce sont des milliers de dollars qu’un seul Inuit peut dépenser pour une beuverie de deux jours. Terrible. Mais revenons à nos propres moutons.

Il n’est pas surprenant de voir, on se l’imagine, des rues vidées de toute unité d’habitation (l’une d’elles a été transformée en terrain de camping. Le seul terrain de camping sans piscine, sans lac mais avec chemin asphalté que j’ai vu dans ma vie…Indécis). Chez moi, en face, la rue est complètement déserte. Les terrains sont à vendre (1000$ chacun, m’a-t-on dit). Les maisons comme la mienne se vendent dans les 70000$. Il y a à peine 10 ans, on en avait une pour 18000$ facilement. Les coûts de location sont délirants : 600$ pour un 2½ !!! On trouve beaucoup de maisons abandonnées, mais qui ne sont ni à vendre, ni démolies, ni déménagées. On spécule largement sur le « Plan Nord » du gouvernement du Québec. Par bonheur, mon travail implique un logement gratuit.

Déménagées ? Oui, car ce ne sont en fait que deux roulottes, en fait, qui, mises côte à côte et surmontées d’un faux « toit », et enfin recouverte de quelques bardeaux, se donnent des airs de « maisons ». Il n’y a pas de sous-sols ici, nous sommes en plein sur le Bouclier canadien, du granit pur et dur qu’il faudrait dynamiter. Les roulottes sont donc remontées d’un mètre, comme on voit ci-dessous, sur des blocs de bois. La plomberie ne manquerait pas de geler en hiver, et donc on isole (mal) ces dessous de plancher, qu’on chauffe quand même. Tout à l’électricité (pour le plus vif plaisir, non-avoué, d’Hydro-Québec). Ceci dit, voici un exemple de « maison » mises à nu (naked houses) !!!

 

Maison à Radisson

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